Conférence « Taux hypothécaires : vers où s’en va-t-on ? » · 29 octobre 2026

La Banque du Canada a monté son taux directeur

2,25 %→2,50 %+0,25 point

Annoncée le mercredi 28 octobre 2026, c’est sa première hausse depuis juillet 2023. Voici l’essentiel de ce que nous avons présenté pendant la conférence, en 12 questions.

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Audrey Chemin, Prêt Immo Canada · Information à jour au 29 octobre 2026

Taux directeur

2,50 %

2,25 % avant

Taux préférentiel

4,70 %

4,45 % avant, depuis le 29 octobre

Inflation, septembre

3,1 %

2,2 % sans l’essence

Prochaine annonce

9 déc.

Banque du Canada

Vos questions, nos réponses

Information générale, pas un conseil personnalisé : chaque situation est différente.

  1. Que s’est-il passé le 28 octobre ? Était-ce attendu ? Pourquoi ?

    La Banque du Canada a monté son taux directeur d’un quart de point, à 2,50 %, sa première hausse depuis juillet 2023. Une majorité d’économistes s’y attendait, mais pas tous. La raison principale, c’est l’essence et le diesel, poussés par la guerre au Moyen-Orient : la Banque veut éviter que ces hausses se propagent à tous les prix. Mais l’emploi qui faiblit et les tensions commerciales avec les États-Unis l’ont amenée à faire un petit pas, avec prudence.

  2. Pourquoi monter les taux maintenant, au lieu d’attendre que ça se règle tout seul ?

    Parce que la Banque préfère agir avant que la hausse de l’essence se propage, plutôt qu’après. Sans l’essence, l’inflation est à 2,2 %, presque normale, mais le choc dure depuis huit mois et les entreprises annoncent qu’elles vont augmenter leurs prix. L’économie a aussi mieux tenu que prévu, et la Banque garde en tête la poussée d’inflation d’après la pandémie. Comme l’emploi faiblit, la Banque n’a fait qu’un petit pas : à 2,50 %, son taux ne freine pas encore vraiment l’économie.

  3. Quel impact dans notre vie de tous les jours ?

    La hausse des taux ne fait pas baisser l’essence. Mais selon la Banque du Canada, les entreprises ont absorbé jusqu’ici la plus grande partie de la hausse du carburant, et prévoient d’en refiler une plus grande part à leurs clients au cours de la prochaine année. Comme le carburant sert à transporter et à fabriquer presque tout, l’épicerie, les produits en plastique, les voyages et même la construction risquent de coûter plus cher. La Banque prévoit une inflation au-dessus de 3 % pendant une bonne partie de 2027.

  4. Quel impact sur le logement, et en particulier sur les condos ?

    La Banque du Canada prévoit que l’activité dans le logement restera faible : les prix restent élevés par rapport aux revenus, la population croît lentement et emprunter coûte plus cher. Le marché des condos est le plus touché, surtout à Toronto et à Vancouver, où beaucoup de condos neufs restent invendus. À court terme, c’est un marché plus favorable aux acheteurs ; dans quelques années, moins de chantiers pourrait vouloir dire moins de logements neufs disponibles. Sur le terrain, nous voyons des prix de condos en baisse et des délais de vente plus longs, alors que l’activité, qui avait ralenti ces derniers mois, reprend depuis quelques semaines.

  5. Et l’interdiction d’achat pour les non-Canadiens ?

    La Banque du Canada constate que la population croît lentement, mais elle ne se prononce ni sur l’immigration ni sur l’interdiction d’achat : ces décisions appartiennent au gouvernement. L’interdiction est en vigueur jusqu’au 1er janvier 2027 et aucune décision sur la suite n’était officielle au 29 octobre. Les résidents permanents ne sont pas visés, et les titulaires d’un permis de travail peuvent acheter sous conditions, notamment un permis encore valide au moins 183 jours après l’achat. Avant de signer, faites vérifier votre admissibilité par un avocat ou un notaire ; pour votre statut d’immigration, consultez un consultant réglementé.

  6. Quel est l’impact sur les taux fixes ?

    Si vous avez déjà un taux fixe, rien ne change jusqu’à la fin de votre terme : votre taux et votre paiement restent les mêmes. Pour un nouveau prêt ou un renouvellement, les taux fixes ne suivent pas directement la Banque du Canada : ils suivent les obligations du gouvernement. Celles-ci avaient déjà monté parce que les marchés s’attendaient à cette hausse.

  7. Quel est l’impact sur les taux variables ?

    Votre taux suit le taux préférentiel, plus ou moins l’écart prévu à votre contrat ; le préférentiel est passé de 4,45 % à 4,70 % le 29 octobre chez les grandes institutions. Si vos paiements s’ajustent, ils augmentent. S’ils sont fixes, ils ne bougent pas, mais une plus grande part sert à payer les intérêts et une plus petite part rembourse le prêt. La même hausse touche les marges de crédit. Votre contrat ou votre prêteur peut vous dire l’effet exact.

  8. Est-ce que les taux vont encore monter ?

    Personne ne le sait. La Banque dit qu’une autre hausse « pourrait être nécessaire », tout en avançant avec prudence, une décision à la fois. Les économistes prévoient une à trois hausses de plus ; la plupart voient un sommet autour de 2,75 %. Même autour de 3 %, le taux resterait dans la zone « neutre » estimée par la Banque (2,25 % à 3,25 %). Notre avis : pas de changement probable le 9 décembre, puis une hausse possible en janvier.

  9. Est-ce que les taux fixes vont baisser ?

    Pas à court terme, selon nous. Les taux fixes suivent les obligations du gouvernement, qui ont monté depuis l’été parce que les marchés s’attendaient à ces hausses. Avec une inflation prévue au-dessus de 3 % pendant une bonne partie de 2027, rien n’indique une baisse rapide. Nous pensons qu’ils vont rester plutôt élevés, et ils pourraient même monter encore d’ici l’été 2027 si l’incertitude avec les États-Unis se prolonge.

  10. Est-ce que je devrais prendre un taux fixe ou un taux variable ?

    Il n’y a pas de bonne réponse pour tout le monde : ça dépend d’abord de votre tolérance au risque. Le variable suit le taux préférentiel : il peut monter ou baisser, et votre paiement ou la part d’intérêts avec lui. Le fixe vous donne la stabilité pendant tout le terme. Un exercice simple : si votre paiement avait augmenté comme pendant les hausses de 2022 et 2023, comment auriez-vous réagi ? Entre les deux, le taux variable à paiements fixes garde le même paiement ; c’est la part d’intérêts qui varie.

  11. Je renouvelle bientôt. Qu’est-ce que je fais ?

    Contactez-nous quatre à six mois avant l’échéance : plus on s’y prend tard, moins il reste d’options. Comparez les termes et les conditions, pas seulement le taux. Même si votre échéance est plus loin, on peut calculer votre pénalité de sortie et voir s’il vaut la peine d’agir plus tôt. Selon la SCHL, le plus gros choc des renouvellements est probablement passé, mais chaque dossier est différent.

  12. C’est quoi, le test de résistance (« stress test ») ?

    Pour un achat ou un refinancement, le prêteur vérifie que vous pourriez payer à un taux plus élevé que celui de votre contrat. Pour un prêt non assuré (en général, avec une mise de fonds d’au moins 20 %), c’est le plus élevé de ces deux taux : votre taux plus 2 points, ou 5,25 %. Au renouvellement, si vous changez de prêteur sans augmenter votre prêt ni votre amortissement, les prêteurs sous réglementation fédérale n’ont plus à appliquer ce test. Attention : il vérifie vos ratios d’endettement, pas tout votre budget. Avant d’acheter, regardez ce qu’il vous restera pour vivre, pas seulement le montant pour lequel vous êtes qualifié.

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Information générale à jour au 29 octobre 2026. Ce contenu ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Les perspectives présentées sont des analyses, pas des promesses ni des prévisions garanties.

Mentions

  • Québec : Audrey Chemin, courtière hypothécaire, Intelligence Hypothécaire.
  • Ontario : Audrey Chemin, agente en hypothèques (Mortgage Agent Level 1, permis FSRA M25000888), Mortgage Intelligence Inc., maison de courtage, permis FSRA no 10428.
  • Alberta : Audrey Chemin, Mortgage Associate, Mortgage Intelligence Inc. o/a Mortgage Intelligence.

Sources

  • Banque du Canada, communiqué du 28 octobre 2026 : banqueducanada.ca
  • Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, octobre 2026 : banqueducanada.ca
  • Statistique Canada, Indice des prix à la consommation, septembre 2026 : statcan.gc.ca
  • SCHL, Residential Mortgage Industry Report, automne 2026 : cmhc-schl.gc.ca
  • Taux préférentiel : communiqués de la Banque Nationale (newswire.ca) et de Desjardins (newswire.ca), 28 octobre 2026
  • Prévisions des économistes : Desjardins (desjardins.com), TD (economics.td.com), sondage Reuters du 23 octobre 2026 (usnews.com)
  • Condos neufs invendus : données de la SCHL rapportées par le Globe and Mail, mai 2026 (theglobeandmail.com)
  • Interdiction d’achat : Finances Canada, 4 février 2024 (canada.ca)
  • Titulaires d’un permis de travail : SCHL, modifications du règlement, 27 mars 2023 (cmhc-schl.gc.ca) ; Loi sur l’interdiction d’achat d’immeubles résidentiels par des non-Canadiens (laws-lois.justice.gc.ca)
  • Test de résistance : BSIF, « Minimum qualifying rate for uninsured mortgages », page mise à jour le 29 janvier 2026 (osfi-bsif.gc.ca)
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